mercredi 25 septembre 2013

Suite des vacances en Périgord...

Après notre halte à Oradour, nous sommes arrivés dans notre joli village de Carennac qui sera notre point de repli pour les 5 prochaines nuits.

Nous commençons par visiter Figeac.
Voici une des maisons à pans de bois des XVe et XVIe siècle sur un rez-de-chaussée médiéval
Ci-dessous la maison du Griffon sur la place Champollion est considérée comme la plus ancienne de Figeac (XIIe). Son organisation est caractéristique des habitations médiévales urbaines: arcs brisés pour les ouvertures des boutiques et baies au décor sculpté à l'étage principal. Pour les plus riches marchands, les sculptures peuvent avoir comme ici des motifs variés (animaux, feuillage, visages humains) et les fenêtres peuvent avoir un meneau (soutien vertical ici en pierre). Les étages sont souvent surmontés d'un grenier ouvert utilisé pour le séchage des légumes, des fruits ou des draps
La Place des Ecritures qui accueille une grande reproduction de la pierre de Rosette 
en hommage au déchiffreur des hiéroglyphes né à Figeac

Nous rejoignons ensuite Saint-Cirq Lapopie (ne pas prononcer le "q" ;-)), un des plus beaux villages de France et le préféré des Français 
Le village, qui domine à 100 m au-dessus des berges du Lot, abritait des peaussiers, des chaudronniers et surtout des tourneurs sur bois qui produisaient moules à boutons, gobelets, écuelles et robinets de tonnellerie
l'auberge des Mariniers ci-dessous est caractérisée par l'association d'un logis et d'une tour. Cette maison est la plus ancienne du village et fut l'habitation d'été de l'écrivain surréaliste André Breton à la fin de sa vie. Elle témoigne aussi d'une activité batelière qui fut florissante. On distingue plus haut les ruines de la chapelle des Mariniers dédiée à la Vierge, protectrice des mariniers et des bateliers

L'affluence de touriste est telle au mois d'août qu'il est impossible d'improviser une visite à la Grotte de Pech Merle (une des grotte ornée du coin) donc nous décidons d'aller à la Grotte de Lacave de bon matin le lendemain. Au rendez-vous (après un accès en train électrique):
des stalactites formées par l'écoulement en goutte à goutte de l'eau le long d'une éventuelle pente. Selon la vitesse du goutte à goutte et la pente il peut se former une stalactite en dentelle
ou des stalactites classiques, quand il n'y a pas de pente comme celle ci-dessous qui rejoint la stalacmite et forme donc une colonne. Cette colonne est remarquable par les stalactites en forme de pattes d'araignée de mer qui l'entourent.
La salle des Reflets (ou de la ville engloutie)
De retour à la surface, nous faisons un passage par Rocamadour
la cité verticale
et sa vierge noire

Nous continuons par la visite de Martel, la ville aux 7 tours

 Le palais de la Raymondie et la place des Halles
 la cour intérieure du Palais de monsieur Raimondi, receveur des impôts royaux
 Ah les anciennes enseignes !
La rue du Barri de Brive, un des barris (quartier) de Martel construit hors les murs de la première enceinte

En soirée nous sommes allés découvrir une ferme familiale de producteurs traditionnels de foies gras de canard et d'oie, entre autres spécialités gastronomiques locales...
Voici la salle à sceller les conserves dont les machines datent de 1930 car elles fonctionnent parfaitement et sont faciles à entretenir à moindre coût
Le gavage des oies, une reproduction du processus naturel du gavage que s'infligent les oies migratrices avant leur long voyage

Le troisième jour nous continuons par une plongée de 103 mètres vers le centre de la terre, le gouffre de Padirac est impressionnant vu d'en haut
et vu d'en bas aussi !
Malgré l'interdiction de prendre des photos, sans flash pour de rien dégrader nous avons pu capter la hauteur à mi-escalier après avoir quitté la barque qui nous amène dans les profondeurs du gouffre
La hauteur est telle que l'écoulement depuis l'extrémité des stalactites forme en bas des stalagmites en forme de crêpes !

Pendant ce temps sur le plancher des vaches ...

Pour changer des grottes et villages, nous allons visiter le château de Castelnau-Bretenoux du XIIIe sauvé des ruines par un ténor de l'opéra comique Jean Mouliérat (fin XIXe) qui l'a réaménagé avec d'importantes collections de meubles et d'objets d'art du Moyen-Age
Une pièce a conservé son plafond peint d'époque
et la chapelle est pourvue d'un vitrail provenant de la cathédrale de Quimper. A une époque où la cathédrale avait besoin d'une rénovation (probablement après l'incendie), ce vitrail a été vendu afin de récolter de l'argent pour sa restauration


Nous nous dirigeons ensuite vers la Corrèze toute proche pour visiter Collonges-la-Rouge qui porte son nom grâce aux plus de 2 % d'oxyde de fer que contient le grès local. Ici l'ancienne Halles aux Grains où se trouve le four banal, four où le villageois devait s'acquitter de la banalité, l'impôt permettant d'y cuire son pain
La rue Noire, nommée ainsi car toutes les maisons sont en quiconce. Une rue coupe-gorge qui permettait de se protéger des assaillants


Ci-dessous le Castel de Maussac du XVIe. Le dernier des Maussac était l'aumônier de la sœur de Napoléon, la princesse Pauline Borghese. On peut remarquer que la tour carrée a conservé son crépi et qu'elle est ornée d'une lucarne à pinacles et d'une tourelle d'angle.

   
En fin d'après-midi nous retournons à Martel pour cette fois voir la gare et les anciennes locomotives à vapeur.

Nous nous laissons séduire par un petit trajet à bord du train à vapeur qui nous permet de voir la belle vallée de la Dordogne depuis cette ancienne ligne qui reliait Bordeaux et Aurillac
Le charme des loco à vapeur, le vrai tchoutchou, les "copeaux" de charbon en prime après la traversée des tunnels
Nous terminons la journée dans une petite ville au bord de la Dordogne dont l'origine remonte à la construction d'un grand et prospère monastère du Moyen-Age dont il ne reste "que" l'église et son portail monumental
Beaulieu porte bien son nom, notamment le long des quais de la Dordogne. Ci-dessous la maison Renaissance, reconstruite après un incendie en 1806, porte diverses sculptures (angelots, sirène, sauvage couvert de plumes, homme domptant un lion, arquebusier, une femme à sa toilette) dont on ignore la provenance exacte  mais qui pourraient représenter les étapes du voyage de Catherine de Médicis à travers la France pour présenter son fils Charles IX à la France de 1564 à 1566

Pour notre dernier jour en Périgord, nous décidons de visiter la célèbre cité troglodytique de La Roque Saint-Christophe qui a connu une occupation ininterrompue du néolithique (3000 ans avant notre ère) à la Renaissance, victime des Guerres de Religion. Ce mur de calcaire long d'un kilomètre comprend 5 terrasses creusées par l'érosion des eaux de la rivière et dont la plus longue partie, la cité (300 m) abritait une trentaine de maisons. Les vestiges comprennent, entre autre, l'église et les sépultures, la forge, la carrière (où l'on creusait encore la voûte pour récupérer la pierre qui permettait d'agrandir les espaces habitables), le treuil à tambour reconstitué qui permettait de remonter facilement de lourdes charges (et les animaux en cas de siège) le long des 80 m de falaise...
En amont de la Cité, il y avait le fort qui en défendait l'accès. On peut y voir la salle d'armes, pièce qui montre aussi la méthode de construction utilisée au Moyen-Age : la roche naturelle forme le mur arrière et est fermée par des poutres de bois et des murs de torchis. Aux endroits où la roche n'est pas assez creusée, des poutres horizontales sont ajoutées et recouvertes de pierres plates, les lauzes. des larmiers étaient creusés pour canaliser ou dévier les eaux de pluies
La cuisine est reconstituée avec des répliques de pièces archéologiques et donne une image de l'occupation du site vers l'an mil où l'implantation humaine devient nombreuse et structurée.

Nous rejoignons ensuite Sarlat, ville d'Art et d'Histoire entièrement nettoyée, restaurée, classée grâce à la toute nouvelle loi sur la "sauvegarde du patrimoine" que fera voter Malraux, Ministre chargé des affaires culturelles, en 1962. Avec ses 250 édifices ou sites rénovés en 25 ans, Sarlat était la ville-pilote à sauvegarder la France et de nombreuses autres villes profitent de cette loi Malraux toujours en vigueur.
Ici l'ancienne église Sainte-Marie, pillée à la Révolution, amputée de son chevet et tour à tour usine de salpêtre, boulangerie, bureau de Poste avant que le chœur ne soit détruit. Rachetée par la Mairie de Sarlat, elle a été entièrement restaurée par l'architecte Jean Nouvel, sarladais pendant son enfance, pour en faire le marché couvert fermé par une imposante porte d'acier de 15,60 m de haut et pesant 7 tonnes !
L'hôtel de Ville et la place de la Liberté reconstruite dans un style classique du XVIIIe où toutes les toitures ont été refaites de lauzes dans les années 70. Sarlat sert de décor à de nombreux films (Jacquou Le Croquant, Les Misérable, La Fille de d'Artagnan, Cartouche... 
La maison d'Etienne de la Boétie construite vers 1525 par son propre père qui était gendarme. Il y a un mélange de style médiéval (pignon sur rue et arc surbaissé au rez-de chaussée) et Renaissance par ces trois étages de fenêtres ouvragées, plus ou moins en fonction de l'étage représentant le rend social : la partie noble pour le maître de maison au premier, le logis de madame et des enfants au second, l'étage de servitude au troisième. A droite de la maison on voit l'andronne, espace réduit au minimum jouant le rôle de pare-feu entre les habitations.
Sarlat compte de nombreuses tours construites après la guerre de Cent Ans par les nouveaux anoblis soucieux de faire montre de leur puissance. Ici, les propriétaires de la maison aux fenêtres en arcs brisés, souhaitant une tour mais n'ayant pas assez d'argent, firent financer leur tour carrée par les voisins de gauche. En regardant bien on remarque que les paliers ne correspondent à aucune des deux maisons. Un compromis a en fait été trouvé : un étage pour la maison de droite et un pour la maison de gauche, chacune son tour par demi-palier !

Nous finissons notre journée et nos visites périgourdines par le château de Beynac-et-Cazenac, malheureusement déjà fermé à notre arrivée.
Il s'agit d'une véritable forteresse dans son jus, jamais abimées par les guerres successives, ce qui est très rare !  Un "château fort", un vrai ! Sa construction s'est étalée sur plusieurs siècles, surtout entre les XIIe et XIVe.
Malgré la fermeture, la visite du village perché permet de découvrir un panorama extraordinaire sur la vallée, les châteaux alentour et la rivière...
... avec en prime un décollage de 4 montgolfières en début de soirée

1 commentaire:

zazette a dit…

superbe voyage et très bons commentaires. vous faites guides à l'occasion? bonne idée de destination et ça me donne envie de foie gras! bisous les p'tits loups